Tomber malade à Québec !

« L’expérience est un médecin qui n’arrive qu’après la maladie »

LEYSENNE

Bonjour à tous,

Comme je vous l’ai promis dans mon article sur la RAMQ, voici mon tout premier retour d’expérience sur les soins médicaux à Québec. Nous le savons tous, l’expatriation est très souvent idéalisée. Le but de ce post et de vous montrer que même lorsque nous sommes bien préparés, il faudra dans certains cas s’armer de patience et de courage face aux différences. Je savais que si nous tombions malade au Québec, l’accès aux soins serait plus compliqué. Cependant, je vous assure que c’est une chose de le savoir et ça en est une autre de l’expérimenter.

Notre histoire commence un jeudi matin. Baby M a de la fièvre et ça tombe plutôt bien, je n’ai pas cours ce jour-là. Les écoles sont fermées en raison d’une grosse tempête de neige. Mon fils étant dans une garderie privée, je les contacte pour les prévenir qu’il est malade et qu’il restera à la maison pour la journée. Je lui donne du Doliprane et il se repose. La nuit se passe plutôt bien malgré la fièvre, et au réveil, Baby M n’a justement plus de fièvre. Je lui demande si il se sent d’aller à la garderie et il s’avère qu’il est plus motivé que jamais. Je décide donc de l’amener et d’aller en cours. A midi, l’éducatrice de mon fils m’appelle pour me prévenir qu’il a une forte fièvre. Je quitte immédiatement mon centre de formation pour aller le chercher. L’éducatrice me fait signer un papier car elle lui a administré du Tylenol pour faire descendre sa fièvre et nous rentrons à la maison.

Lorsque vous arrivez au Québec vous vous inscrivez sur le site de la RAMQ au Guichet d’accès à un médecin de famille. Actuellement, dans notre région, le délai d’attente pour les personnes dont l’état de santé est semblable au notre est estimé à 502 jours à compter de la date d’inscription initiale. Autant vous dire que nous ne sommes pas prêts d’avoir un médecin traitant. De plus, vous en conviendrez avec moi, deux jours de fièvres ne justifient pas un déplacement aux urgences (sachant que votre présence dans la salle d’attente peut facilement durer 24h). Cependant, je suis surprise car le Tylenol ne fait pas descendre la fièvre de mon fils (même si je dois bien avouer qu’il est rarement malade.. d’habitude le Doliprane fonctionne bien avec lui). Suite aux conseils de l’éducatrice de Baby M qui est québécoise mais pas originaire de la ville de Québec (et par conséquent qui n’a pas de médecin de famille dans la capitale), je décide de me rendre à la clinique Saint-Louis. Cette dernière est privée et reçoit avec et sans rendez-vous (je vous dirais bien.. quelle aubaine.. mais attendez de lire la suite).

Nous arrivons sur place vers 17h et la secrétaire m’annonce (évidemment) qu’il n’y a plus de rendez-vous possible pour la journée. Elle me conseille d’aller voir une pharmacienne et de revenir le lendemain matin à 7h00 si l’état de santé de mon fils ne s’est pas amélioré. Au Rez de chaussé de la clinique il y a effectivement une pharmacie et ils me conseillent d’alterner entre Tylenol et Advil (si vous achetez des médicaments chez eux, ils vous offrent le parking qui est payant.. oui oui n’oubliez pas que c’est une clinique privée).

La nuit est très compliquée, la fièvre ne tombe pas et je finis par dormir avec Baby M pour le rassurer lorsqu’il se réveille. Je met le réveil à 6h30 du matin, nous nous préparons et partons en direction de la clinique. Nous arrivons vers 7h15 et sans exagérer, il y a déjà au moins 25 personnes devant moi (le choc) alors que la clinique n’ouvre qu’à 8h00. Nous patientons et lorsque c’est finalement notre tour, la secrétaire médicale nous donne un rendez-vous pour 13h20. Direction le parcmètre pour payer notre stationnement et nous rentrons à la maison (le weekend s’annonce vraiment sympa). Même si j’alterne le Tylenol et l’Advil, la température ne descend pas et le stress commence à monter (alors que je ne suis pas de nature inquiète). Avec du recul je pense que c’est dû au fait que je n’ai pas l’habitude de voir mon fils dans cet état et que, ne maîtrisant pas le système médical Québécois, j’avais tout simplement peur pour lui.

Il est 12h30, nous nous préparons et nous retournons à la clinique. Notre rendez-vous est à 13h20, l’infirmière nous reçoit à 13h30 pour prendre sa température et me poser quelques questions, le médecin nous reçoit vers 13h50. Ce dernier ausculte Baby M (respiration, gorge, oreilles..) et m’annonce qu’il a tout simplement une grippe. Il ajoute que cet hiver ils ont eu des enfants présentant de la température jusqu’a 5 jours consécutifs et quitte la salle sans rien ajouter (au revoir, non ?). Avec mon fils on est là et je ne sais pas quoi faire. C’est vraiment fini ? Pas de conseils ? Pas de prescription ? Je suis un peu perdue et je demande à une femme qui passe dans le couloir ce que je dois faire. Cette dernière m’annonce que c’est terminé mais frappe tout de même à la porte du médecin pour confirmer (ici le bureau du docteur et la salle d’auscultation ne sont pas au même endroit). Pour être complètement honnête avec vous, je me sens un peu désemparée.. tout ça pour ça et mon fils a toujours 39,5 de fièvre !!! J’aurai vraiment eu besoin à ce moment précis de quelques conseils ou recommandations.

Au final Baby M a eu de la température pendant 5 jours. Le 6ème jour, il est retourné à la garderie et ils ont appelé mon établissement scolaire pour que je vienne le chercher car mon fils avait 37,8 de « fièvre » (euh…. ok). Mercredi je décide de ne pas aller en cours et de le garder avec moi. À ce moment là, c’est à mon tour de tomber malade (merci mon bébé) et avec la fatigue, je sens clairement que je ne supporterai pas une surprise de plus made in Québéc. Nous restons à la maison et nous nous reposons.

Nous sommes jeudi, cette histoire a commencé il y a une semaine déjà et Baby M retourne enfin à la garderie (l’éducatrice m’enverra tout de même des messages pour me dire que mon fils à 37,5 de fièvre mais qu’ils peuvent le garder..). Je vais en cours pour ne plus manquer l’école mais je suis malade comme un chien et c’est très difficile de rester concentrée (vivement le weekend.. ou pas.. Baby M va de mieux en mieux et je ne sais absolument pas comment je vais tenir le coup).

Il nous aura fallu 20 jours pour nous remettre complètement de cette méchante grippe à la maison. Je me suis sentie très seule et désœuvrée pendant cette période. C’était la première fois depuis notre arrivée au Québec que je me sentais aussi mal et que je me posais des questions sur mon choix d’immigration. Émotionnellement, ça n’a pas été une situation simple à gérer pour moi. C’était nouveau, un système de santé different, un système de garde différent et ce n’est jamais agréable d’être malade. Je me suis vraiment sentie seule au monde.. j’étais loin de ma famille, loin de mes amis et très loin de ma médecin traitante en France qui est vraiment géniale.

Cela faisait un petit moment que je n’avais pas écrit d’article dans la section « Immigration au Canada.. Mon histoire ». J’espère sincèrement que ce post vous donnera un aperçu du genre de situation à laquelle vous pouvez vous retrouver confronté en vivant à des milliers de kilomètres de chez vous. S’installer dans un nouveau pays c’est apprendre et intégrer une nouvelle façon de faire (bonne ou mauvaise.. qu’importe.. il vous faudra vous adapter). Il est vrai que la France a un système de santé remarquable (je le savais déjà avant de partir) mais je précise qu’il n’est d’aucune utilité de vouloir comparer les deux systèmes de santé. Il s’agit de deux cultures et de deux pays complètement différents et nous avons choisi de venir ici en toute connaissance de cause. L’immigration ce n’est pas toujours tout rose et cette expérience en est le parfait exemple.

Pour terminer sur un note positive (parce qu’il n’y a pas eu que du négatif mais surtout beaucoup de nouveauté..), ça a été très rassurant de pouvoir bénéficier de la RAMQ et par conséquent de la gratuité des soins lors de cette épreuve quelque peu stressante (merci l’entente de sécurité sociale entre le Québec et la France). De plus, je tiens à remercier l’éducatrice de mon fils qui m’a orientée vers une clinique qui pouvait recevoir Baby M et les pharmaciennes qui se sont voulues rassurantes vis à vis de moi en attendant que l’on puisse voir un médecin.

A très vite pour la suite de nos aventures au pays des caribous..

Hélène

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